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MDP Data Protection accompagne les établissements face à une violation de données, pour une réaction rapide, documentée et conforme

Face à une violation de données en ESSMS, trois démarches s’imposent dans un délai très court :

  • signaler sans délai l’incident grave au CERT Santé et à l’ARS,
  • notifier la CNIL dans les 72 heures si les personnes sont exposées à un risque,
  • et porter plainte dans les 72 heures pour être indemnisé par l’assurance.

Voici comment s’organiser, heure par heure.

Qu’est-ce qu’une violation de données en ESSMS ?

Le RGPD définit la violation de données comme une atteinte à la sécurité qui entraîne, de manière accidentelle ou illicite, la destruction, la perte, l’altération, la divulgation ou l’accès non autorisé à des données personnelles. Elle peut toucher leur confidentialité, leur intégrité ou leur disponibilité.

Dans un établissement social ou médico-social, les situations les plus courantes sont très concrètes :

  • un rançongiciel qui bloque le logiciel de dossier usager et les plans de soins ;
  • un courriel contenant des informations sur un résident envoyé à la mauvaise famille ;
  • un ordinateur portable ou un classeur de transmissions perdu ou volé ;
  • la messagerie d’un salarié piratée, puis utilisée pour envoyer des messages frauduleux ;
  • un professionnel qui consulte le dossier d’un usager sans en avoir besoin pour sa mission ;
  • un incident chez l’éditeur du logiciel métier ou chez l’hébergeur.

Les données en jeu sont souvent des données de santé de personnes vulnérables. C’est ce qui rend les violations particulièrement sensibles dans le secteur, et ce qui justifie une réaction rapide.


Les démarches obligatoires et leurs délais

Signaler l’incident au CERT Santé et à l’ARS, sans délai

Depuis le décret n° 2022-715 du 27 avril 2022, les établissements médico-sociaux doivent signaler sans délai les incidents significatifs ou graves de sécurité de leurs systèmes d’information, comme le prévoit l’article L. 1111-8-2 du code de la santé publique. Sont visés les incidents qui ont des conséquences sur la sécurité des soins, sur l’intégrité ou la confidentialité des données de santé, ou sur le fonctionnement normal de l’établissement.

Le signalement se fait sur le portail national des signalements des événements sanitaires indésirables. Il parvient au CERT Santé de l’Agence du numérique en santé, qui peut apporter un appui technique, et à l’ARS. Ce signalement ne remplace pas la notification à la CNIL : les deux démarches sont distinctes.

Notifier la CNIL dans les 72 heures

L’article 33 du RGPD impose de notifier la violation à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance, sauf si elle ne présente pas de risque pour les personnes. Avec des données de santé, cette exception est rarement applicable.

  • Le délai court à partir du moment où l’établissement a une certitude raisonnable qu’un incident a touché des données personnelles, week-ends compris.
  • La notification peut se faire en deux temps : une notification initiale, même incomplète, puis une notification complémentaire.
  • En cas de retard, l’établissement doit en expliquer les motifs.
  • Toutes les violations, notifiées ou non, doivent être consignées dans un registre interne, avec les faits, leurs effets et les mesures prises.

Informer les personnes si le risque est élevé

Lorsque la violation est susceptible d’engendrer un risque élevé pour les personnes, l’article 34 du RGPD impose de les informer dans les meilleurs délais, en termes clairs : nature de la violation, conséquences probables, mesures prises, conseils pour se protéger. En ESSMS, l’information doit être pensée aussi pour les représentants légaux et les personnes chargées des mesures de protection.

Pour accompagner les personnes concernées, la CNIL et Cybermalveillance.gouv.fr ont publié en octobre 2026, à l’occasion du Cybermois 2026, un dépliant intitulé « Violation de données personnelles, que faire en 3 étapes clés ? ». Il peut être joint au courrier d’information envoyé aux usagers et aux familles.

Porter plainte dans les 72 heures

En cas d’attaque informatique, le dépôt de plainte n’est pas seulement utile pour l’enquête. L’article L. 12-10-1 du code des assurances subordonne l’indemnisation par l’assurance au dépôt d’une plainte au plus tard 72 heures après la connaissance de l’atteinte. Passé ce délai, l’établissement risque de ne pas être couvert.

Que faire dans les 72 heures, étape par étape ?

Infographie sur la violation de données en ESSMS présentant les étapes à suivre dans les 72 premières heures après l’incident.
Cette infographie présente les réflexes à adopter en cas de violation de données en ESSMS : signaler l’incident, notifier la CNIL, déposer plainte et informer les personnes si nécessaire.

Dans les premières heures : contenir

  • Isoler les postes et serveurs touchés en les déconnectant du réseau, sans les éteindre, pour ne pas effacer les traces utiles à l’analyse.
  • Alerter la direction, le DPO, le responsable informatique et, si besoin, l’éditeur du logiciel ou l’hébergeur.
  • Basculer en mode dégradé pour garantir la continuité de l’accompagnement et des soins : plans de soins et traitements en version papier, contacts d’urgence.
  • Ne pas payer de rançon : rien ne garantit la restitution des données, et le paiement alimente les attaquants.
  • Conserver les preuves : messages reçus, captures d’écran, journaux de connexion, chronologie des faits.

Le premier jour : qualifier et signaler

  • Identifier les données touchées (dossiers usagers, données de santé, données des salariés), le nombre de personnes et la nature de l’atteinte.
  • Évaluer le risque pour les personnes, avec le DPO.
  • Signaler l’incident sur le portail des signalements si son impact est significatif.
  • Prévenir l’assureur.

Avant la 72e heure : notifier, porter plainte, informer

  • Notifier la CNIL, au besoin avec une notification initiale à compléter.
  • Déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
  • Préparer l’information des personnes si le risque est élevé, et une communication interne pour les équipes.
  • Consigner l’ensemble dans le registre des violations.

💬 Conseil pratique : la plupart des retards ne viennent pas de l’incident lui-même, mais du temps perdu à chercher qui prévenir. Une fiche réflexe d’une page, affichée et connue des cadres de permanence, fait gagner des heures précieuses.

Se préparer avant l’incident

Les 72 heures se jouent en grande partie avant l’incident. Quelques mesures font la différence :

  • Une procédure écrite de gestion des violations, avec la liste des contacts : DPO, prestataire informatique, éditeur, assureur, CERT Santé.
  • Un registre des violations tenu à jour, y compris pour les incidents mineurs.
  • Des contrats de sous-traitance qui obligent l’éditeur ou l’hébergeur à vous alerter sans délai en cas d’incident, comme l’exige l’article 28 du RGPD.
  • Des sauvegardes déconnectées du réseau et testées régulièrement.
  • Un mode dégradé prévu dans le plan de continuité d’activité.
  • Des équipes sensibilisées à l’hameçonnage et aux bons réflexes, et un exercice de crise au moins une fois par an.

Ces mesures font partie de la gouvernance décrite dans notre méthode pour appliquer les obligations RGPD en ESSMS. Elles reposent aussi sur la désignation d’un DPO dans l’établissement, qui pilote la qualification et la notification. Les conséquences d’une sécurité insuffisante sont illustrées par la sanction CNIL de 500 000 euros et ses leçons pour le médico-social.

👉 Pour approfondir : notre guide 2026 de la conformité RGPD, cybersécurité et IA dans le médico-social.

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Questions fréquentes : violation de données en ESSMS

Un courriel envoyé à la mauvaise famille est-il une violation de données ?+
Oui, c’est une violation de confidentialité. Elle doit être consignée dans le registre des violations. Si le message contient des informations de santé ou des éléments sensibles sur l’usager, le risque pour la personne est en général réel : la notification à la CNIL dans les 72 heures s’impose, et il faut demander au destinataire de supprimer le message.
Faut-il notifier la CNIL si un rançongiciel bloque le logiciel sans fuite de données ?+
Le plus souvent, oui. L’indisponibilité des données est une violation au sens du RGPD, et l’impossibilité d’accéder aux dossiers ou aux plans de soins peut présenter un risque pour les usagers. De plus, une exfiltration préalable ne peut généralement pas être exclue dans les premières heures. En cas de doute, la CNIL recommande de notifier.
Qui doit notifier si la violation vient de l’éditeur du logiciel ?+
L’établissement, en tant que responsable de traitement. L’éditeur, sous-traitant, doit l’alerter dans les meilleurs délais après avoir pris connaissance de l’incident. Le délai de 72 heures de l’établissement court à partir de sa propre connaissance de la violation. D’où l’importance d’un contrat qui impose au prestataire une alerte rapide et détaillée.
Le signalement au CERT Santé remplace-t-il la notification à la CNIL ?+
Non. Le signalement sur le portail des signalements répond au code de la santé publique et vise la sécurité des systèmes d’information. La notification à la CNIL répond au RGPD et vise la protection des données personnelles. Un même incident, comme un rançongiciel, donne donc lieu aux deux démarches, chacune avec ses propres informations.
Faut-il payer la rançon pour récupérer les données ?+
Non. Les autorités recommandent de ne pas payer : rien ne garantit la restitution ou la suppression des données, et le paiement finance de nouvelles attaques. La priorité est d’isoler les systèmes, de restaurer à partir de sauvegardes saines, de déposer plainte dans les 72 heures et de se faire accompagner, notamment par le CERT Santé.

En résumé

Une violation de données en ESSMS déclenche plusieurs obligations à délai court. L’incident grave doit être signalé sans délai au CERT Santé et à l’ARS. La CNIL doit être notifiée dans les 72 heures dès qu’un risque existe pour les personnes. La plainte doit être déposée sous 72 heures pour que l’assurance indemnise. Une procédure écrite et une fiche réflexe préparées à l’avance permettent de tenir ces délais.

Sources


Pour aller plus loin


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À propos de l’auteur

Christophe SAINT-PIERRE est le dirigeant de MDP Data Protection. Expert reconnu en conformité réglementaire, RGPD, NIS2 et AI Act, il accompagne depuis plus de vingt ans les organisations dans leur transformation numérique.

Sa vision stratégique repose sur l'idée que la conformité ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un véritable levier de compétitivité, de sécurité et de confiance. Engagé pour une souveraineté numérique européenne, il défend également une approche éthique de l'intelligence artificielle et de la cybersécurité. Lire sa biographie complète.